Sur les traces du passé historique

Abbaye de Chézery

Abbaye et église paroissiale de Chézery Sur la commune, se trouvait l'Abbaye de Chézery contruite en 1140. Les moines de cette abbaye sont à l'origine du défrichement de la vallée et de l'installation d'une population permanente dans ce lieu réputé hostile. Ils sont également à l'origine de la création de certains alpages sur la Haute chaîne du Jura.

Cette abbaye qui avait une influence importante dans la région, a fini par disparaître en 1793, détruite par la population locale en colère. En effet, alors que la révolution faisait rage, les Chézerands étaient encore à cette époque "Serfs et mainmortables" de la royale Abbaye de Chézery. Après tant de souffrances endurées par la présence des moines, ils envahissent et pillent le monastère en 1793.

De cette abbaye, il reste encore certaines constructions et dépendances et surtout la disposition caractérisque du village.

Le Chemin des Espagnols

La région finit par échoir à la France lors du traité de Lyon en 1601, après accord avec le Duc de Savoie. Une seule condition du côté Savoyard : un couloir devra être aménagé dans le pays de Gex et la vallée de la Valserine pour permettre aux troupes espagnoles de transiter d'Italie (Gênes) jusqu'aux Pays-Bas en traversant le Duché de Savoie, la vallée de la Valserine, la Franche-Comté et la Lorraine. Le couloir, territoire du Duc de Savoie s'appellera le Chemin des Espagnols. La commune de Chézery se trouvant sur le passage du couloir est restée ainsi savoyarde jusqu'au traité de Turin en 1760, alors que Lélex et Forens étaient français.

La vallée de la Valserine se trouve à cette période en frontière avec la Franche-Comté, possession de la Couronne d'Espagne. Des bornes sont installées tout au long de la frontière en 1612 - 1613. Actuellement, certaines de ces bornes sont encore visibles notamment celles positionnées près de la source de la Valserine près du hameau "Le Tabagnoz".

Sur la commune de Chézery, nous pouvons matérialiser de nos jours, l'endroit où passait le chemin des Espagnols. Il menait à Noirecombe puis au moulin de Magras pour rejoindre ensuite la Borne au Lion.

La Borne au Lion

Borne au Lion et Crêt de Chalam au dernier plan La Borne au Lion, classée monument historique, a été implantée en 1613 en application du traité d’Auxonne (1612) qui fixait les limites du comté de Bourgogne. Sur la Borne figurent le lion de Franche-Comté qui dépendait alors de l’Espagne, les trois lys du royaume de France et la croix de Savoie. Elle marque aujourd'hui la limite des départements du Jura et de l’Ain. On y accède en randonnée depuis Chézery par le hameau de Noirecombe puis le chemin de Magras.

Le belvédère de la Borne au Lion offre un panorama extraordinaire sur la Haute Chaîne du Jura avec le Crêt de Chalam, le Crêt du Merle, le Reculet et le Crêt de la Neige. La Borne au Lion a été longtemps le lieu de passage entre la Franche-Comté et la Savoie. C’est aussi un haut lieu de la résistance, 3 000 combattants des maquis du Haut-Jura et de l’Ain s’y sont installés pour combattre les troupes allemandes qui menèrent de terribles représailles contre les populations. Le mémorial Romans-Petit, du nom du commandant du maquis, y est érigé.